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Femmes dans la guerre
 
"La notion de victime a beaucoup évolué depuis le début du XXe siècle. Les soldats ne sont plus considérés comme les principales victimes de la guerre. Le génocide est entré de plain pied dans l’arsenal des belligérants, l’insécurité s’est accrue et la peur des attaques jettent souvent les femmes et les personnes à leur charge sur le chemin de l’exode. Elles sont la cible fréquente d’actes délibérés de terreur et de mort. Ces victimes civiles sont donc les témoins d’atrocités en nombre sans précédent. Le viol organisé de femmes et d’enfants est devenu une arme de guerre systématique. Les femmes et jeunes filles ne sont pas seulement tuées. Elles sont violées, agressées sexuellement, mutilées et humiliées. Le traumatisme est d’autant plus destructeur que, dans beaucoup de pays, les coutumes, les cultures et religions ont bâti une image de la femme porteuse de « l’honneur » de leur entourage. Porter atteinte à la sexualité de la femme, à son intégrité physique est devenu un moyen de terroriser, de rabaisser, de « vaincre » des communautés entières tout en punissant et humiliant les femmes. Les survivantes de ces viols craignent de se retrouver mises à l’écart et rejetées de leur entourage si l’on apprend qu’elles ont été violées. Dans ce contexte — de pauvreté, de faim et d’exode —
la plupart des victimes civiles présente également des symptômes de troubles psychologiques post-
traumatiques (TSPT), pour utiliser l’appellation psychiatrique occidentale. Phénomène difficilement pris en charge faute de moyens, d’hôpitaux et parfois
de techniques dans de nombreux pays. "
Marie Dorigny
Propos recueillis par Dominique Hache