049. Le phare
Dernier ajout : 10 mai 2010.
Patrice Terraz photographie deux choses invisibles.
D’abord la lumière, car celle qu’il traque ne se distingue
pas à l’œil nu. Le temps, ensuite, celui avec lequel
on doit faire preuve de patience
afin que se révèle
à nous la face cachée des êtres et des choses.
Si son œil
humain ne distingue rien dans la nuit noire, la rétine de son
appareil photographique, elle, reste ouverte très longtemps.
Leur seul complice est un phare dont le faisceau balaie réguliè-
rement les rochers déchiquetés. Alors le temps trouve le temps
de laisser sa trace.
Sous la caresse imperturbable de ce pinceau lumineux,
les rochers s’émeuvent, s’ébrouent et prennent vie.
Parfois, à l’horizon, la lueur d’un cargo trace un rail imaginaire.
Et là-haut, la course des étoiles prend la mesure du temps de pose.
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