Gaijin Story

• 30 tirages noir&blanc 39x39 cm sous marie-louise dans des cadres 53x53 cm en bois noir semi-mat avec verre

Avertissement, prologue, introduction.
Quelles que soient ma curiosité, ma patience et ma bonne volonté, je resterai toujours un gaijin au Japon, un étranger.
J’eus du mal à l’accepter, le Japon m’a fatigué, le Japon est fatiguant, l’étranger y est comme une greffe vouée au rejet.
C’est un monstre marin parcouru par des millions d’êtres indifférents à nos désirs d’étranger. C’est un leurre.
Comme une drogue, il faut en sortir pour s’en désintoxiquer.
Le Japon est un défi humain à l’univers, un purgatoire qui m’a fasciné et repoussé. J’y ai cotoyé l’enfer et le paradis, ai vécu l’enthousiasme et le cauchemar.
A relire mes notes de voyage, je sais que je n’ai pu au mieux, que témoigner d’une expérience intime, d’une aventure sans but avéré :
« Le Japon dort éveillé, le Japon est un chat, il miaule, mange et dort comme un chat, il réclame sans arrêt. Il se voile un sexe tourmenté.
Le Japon est mignon, on a envie de lui gratter le cou… »
Pourtant à mon retour, je sus que cet exil avait été salutaire. Au pays de Godzilla racheté par l’américain King-Kong qu’il défiera dans une magnifique série B. J’ai renoué avec mes univers préférés, ceux de la bande dessinée, du cinéma de divertissement et des héros populaires. « Pied nickelé » en vadrouille, j’avais retrouvé la curiosité. Me nourrissant des rencontres, graves ou légères, je n’ai pas prétendu comprendre ni expliquer, laissant libre cours à mes étonnements, m’enrichissant de mes découvertes. Montré du doigt, j’eu parfois la revanche de l’impertinence, permettant au gaijin de retrouver Reivax, mon double. Un happy-end en somme, à l’aventure dans laquelle j’avais cru me perdre. Le Japon est unique.
Xavier Lambours 1995.

Partagez sur