Amours de vieux…

• 37 tirages, cadres 40 x 50 cm
• 2 tirages, cadres 50 x 60 cm
• 1 triptyque, cadre 25 x 60 cm
• 15 objets, cadres 20 x 25 cm
• 1 texte 40 x 50 cm
• 21 cartels de légendes

Ce sont des photos sur l’amour, au présent, au passé. Rayonnant, fantasmé. Souverain, sublimé. Profond ou plus ludique. Récent ou si ancien qu’on parle d’éternité. Enfoui dans un coin de coeur, comme un trésor intime dont on n’ose plus parler. Ou bien à fleur de peau, vivace et enjoué. Posez-vous un instant. Rapprochez-vous de ces hommes et de ces femmes qui, avec tant de naturel, nous acceptent chez eux. Acceptez la lenteur. Elle sied aux vieilles personnes, elle vous met dans leurs pas. Et en quelques secondes vous plonge dans leur histoire. Lisez-la dans leurs yeux, leurs gestes, leurs échanges, avant de les entendre la raconter plus loin, avec leurs mots à eux, leur pudeur, leur humour. Ces couples sont amoureux, le clament et le démontrent. Leurs mains, toujours, se cherchent, s’enlacent, s’accrochent, comme les maillons d’une chaîne. L’éclat de leur regard dit la complicité, la tendresse, la confiance. La certitude d’un lien inaltérable, de destins conjugués. Les autres ont des souvenirs. De bals et de baisers, d’émois et de serments. La fierté d’avoir vécu au moins une belle histoire et d’avoir existé un moment dans le regard d’un autre. Ils ont connu les ficelles et les rituels de la séduction. C’était il y a si lontemps, disent-ils. Allons donc ! Voyez Yvonne, Eugénie, Lucette, Marie, Fanny... Leur jeu, leur coquetterie même, face à l’objectif. Et leur belle dignité. Sous l’écorce de chaque vieille dame vibre une jeune âme ardente qui aime toujours séduire. C’est le talent d’Eric Dexheimer que d’avoir su capter la palette des sentiments et la beauté de ces visages modelés par les ans et leur lumière intime. Il était exigeant et n’était pas pressé. Il a donc passé des mois avec les sujets de ses photos. Des liens se sont noués. Amicaux, fraternels. Il sortait peu son appareil, conscient que la vérité exige une longue attente. Et puis un jour, avec la réalisatrice Fanny Mesquida, son amoureuse à lui, il a enregistré chaque histoire. Les vieilles amours ont été racontées. Telles qu’elles subsistent, telles que rêvées, ou telles qu’elles furent. Et les photos alors ont pu naître. Jamais volées, oh non. Offertes. Comme un ultime cadeau à ce photographe généreux, qui sait voir très au-delà desplissures des visages. Et qui a le coeur juste.

Annick Cojean, Prix Albert-Londres

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