Cachan, histoire d’un squat

18 tirages contrecollés sur Dibond

• 12 tirages 50 x 140 cm
• 16 tirages 50 x 70 cm

Après quatre ans de silence assourdissant, la surexposition médiatique a anéanti les "Mille" de Cachan. Les images de familles entassées le long d’un trottoir ou à l’intérieur d’un gymnase ont occupé durant des jours les écrans de télévision et les pages des journaux. Politiciens, intellectuels et volontaires de la dernière minute, toujours assez en retard pour être en première ligne sous les projecteurs sans pour autant s’engager dans les décisions, ont fait la queue pour participer à la énième cérémonie de la pitié solidaire. La bataille de ces hommes et femmes venus en France pour survivre et pour donner un futur à leurs enfants, qu’ils viennent d’Europe ou d’Afrique, a été réduite à un déjà-vu. Avec l’évacuation, ce n’est pas simplement un squat qui disparaît ; c’est une société civile qui a été balayée : un village de mille personnes — avec son bagage d’histoires humaines, faites de règles, de problèmes, de rites et de compromis — a été détruit à l’aune de la devise de la real politik : « divide et impera ». Et puis, encore une fois, a été oubliée une nouvelle preuve de la capacité de l’homme à reconstruire, en toute circonstance, un lieu qui lui ressemble, qui lui appartient, et qu’il puisse appeler maison.

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