El Norte

• 54 tirages noir & blanc barytés
montés sous passe-partout 40 X 50 cm
• 1 texte de présentation
• 2 valises de transport

Exposition créée et présentée au festival Visa pour l'image.

La frontière qui sépare les États-Unis du Mexique s’étend sur quelques 3 000 km de long, de l’Atlantique au Pacifique. L’actualité met régulièrement en lumière les problèmes d’immigration qui s’y cristallisent, mais la réalité de la frontière américano-mexicaine déborde largement ce cadre. Ainsi, fin 1994, les accords de l’Alena, qui permettent une libre circulation des marchandises entre le Mexique et le Canada sont entrés en vigueur. Dans le même temps, l’opération Gatekeeper a visé au renforcement de la frontière afin d’enrayer l’immigration clandestine : construction d’un mur pour matérialiser la frontière dans toutes les zones urbaines frontalières, personnel accru, systèmes de surveillance et de détection ultra-sophistiqués.
La frontière américano-mexicaine est la frontière la plus traversée au monde, tant légalement qu’illégalement, mais aussi la mieux gardée. Elle est un enjeu économique important. Majeur si l’on considère qu’il s’agit de la plus longue frontière commune entre un pays émergent, qui aspire au statut de grande puissance, miné par la corruption et le trafic de drogue, et un pays riche, le plus riche du monde. Un lieu où tout est grossi comme par un effet de loupe, à l’échelle du continent américain. Haut-lieu de la mondialisation, des délocalisations, de la violence sociale et de la violence urbaine, d’une économie dérégulée et prédatrice qui flirte avec l’économie informelle du narcotrafic, la frontière est aussi une entité culturelle. Un troisième pays entre deux nations, deux géants que l’histoire et la géographie condamnent à un destin commun pour le pire, souvent, et parfois pour le meilleur.

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