Société
Bains publics

Photographies de Florence Levillain pour La France vue d'ici

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Construits pour permettre aux français de se laver dans les années 30, les bains douches parisiens n’ont jamais connu une aussi forte fréquentation, malgré l’amélioration de l’habitat. Ces lieux connaissent pour certains plus d’un million de passages chaque année et accueillent de plus en plus de précaires.
Qui sont ils ?
C’est la question à laquelle Florence Levillain a souhaité répondre en allant à la rencontre de ces usagers dont on sait qu’ils sont sans domicile, mais aussi étudiants, retraités et parfois travailleurs pauvres. Avec la crise, ces établissements retrouvent plus que jamais leur utilité sociale : « Les petites histoires racontent les grandes misères » Pierre Bourdieu.
Florence voulait aussi montrer, à travers ces portraits, le rôle important de ce service public qui crée du lien social et aide à maintenir l’hygiène des habitants les plus défavorisés. Une mission renforcée par l’instauration d’un accès gratuit aux bains en mars 2000.
Ces institutions, au nombre de 17 à Paris, sont encore en fonctionnement dans un grand nombre de quartiers de la capitale, et certaines font partie du patrimoine parisien.
Toute la France et même plus (touristes, réfugiés, apatrides…) se retrouve là, aux pieds des immeubles parisiens et les personnes rencontrées ont aidé la photographe à lutter contre les stéréotypes de la pauvreté. Chaque histoire est une épopée et tous sont des héros ordinaires.
Florence a mis en place un système de prise de vue, inspiré de scènes du film d’Etore Scola, « le Bal », où les gens, face à un miroir, sont maîtres de leur image et se livrent comme ils l’entendent à leur soins quotidiens. Ils réajustent leur veste, verifient leur rasage, se maquillent ou se rasent pour certains, comme ils le font toujours avant de quitter les bains.