Exposition
Ex route nationale 91, actuelle RD 1091

Sandrine Expilly

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Tailler, tracer, façonner, modifier, organiser, fragmenter, épierrer, maitriser (un peu), dompter (à peine), retenir ces montagnes indociles et leurs versants vertigineux toujours prêts à dégringoler pour changer de formes. Ici, dans la vallée de la Romanche, du fait de sa verticalité l’homme est comme enveloppé par et dans les montagnes, les verts acides et purs du printemps, ou plus sombres de l’été laissent place aux rouges et ors de l’automne puis un paysage plus monochrome dans des teintes gris charbonneux, habille et inonde la vallée, les nuances des gneiss, des amphibolites et d’autres roches varient elles-mêmes du bleu-vert au noir à toute une gamme des gris.

« La petite route de l’Oisans » m’a vue grandir. De Vizille nous l’empruntions pour rejoindre les très hautes montagnes du massif, allers-retours en voiture, brouillard tardif dans la vallée, parois rocheuses gigantesques, usines, rivière impétueuse, beauté des crêtes. Nous nous arrêtions rarement, peu de personnes s’arrêtent là. La route reliant Le Péage de Vizille au lieu-dit Rochetaillée, traverse l’étroite Vallée de la Romanche, appelée aussi Val de Livet ou Gorges de la Romanche. Cette route oscille entre le charme désuet des centrales hydroélectriques et des usines désaffectées, la beauté à la fois sublime et abrupte des montagnes gigantesques et la laideur des restes industriels et des commerces désertés comme autant de traces d’une riche histoire industrielle et humaine.
La montagne m’a élevée, ses parois comme des bras m’ont entourée. Regarder le soleil à travers un cristal de roche découvert au détour d’un chemin n’a jamais cessé de m’éblouir.
La traversée de la vallée ne laisse personne indifférent, habitants, travailleurs, historiens, géologues, sportifs, anciens, enfants, adolescents ou personnes de passage : tous m’ont parlé de leur vallée.

Ces photographies sont publiées dans « Val », éditions Trans Photographic Press

Ce travail a été réalisé dans le cadre du projet collectif "National, avenue de la France" exposé du 6 avril au 20 mai 2018 dans le cadre du festival L'Œil urbain

Théâtre de Corbeil-Essonnes
20-22 rue Félicien Rops
Entrée libre du mardi au samedi de 10h à 12h et de 15h à 18h