Exposition
Route nationale 19

Raphaël Helle

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Je pensais commencer à arpenter la nationale par Bar-sur-Aube, ville où je suis né, où j’ai grandi, étudié et même un temps travaillé à l’usine métallurgique Manoir-industries avant de quitter la région. 

23 ans que je n’étais pas revenu. J’ai découvert une situation si désastreuse que je n’ai pas eu besoin d’aller plus loin pour raconter la France d’aujourd’hui : fermetures d’entreprises, dépeuplement rural, montée du Front national. 

En trois décennies, Bar-sur-Aube a perdu un tiers de ses habitants. Ils ne sont plus que cinq mille. Le taux de chômage est élevé et lors du second tour de l’élection présidentielle la candidate du Front national est arrivée en tête dans le canton. Nous sommes dans la « France périphérique », celle des petites villes, des zones rurales éloignées des bassins d'emplois.
La seule économie qui prospère et garantit des emplois fixes est l’industrie du champagne. Les « tâcherons de la vigne » comme ils se désignent, fils et filles d’ouvriers restés au pays et enfants de paysans aux allures indociles, sont ceux qui continuent d’insuffler la vie dans les villages alentour.

Ce travail a été réalisé dans le cadre du projet collectif "National, avenue de la France" exposé du 6 avril au 20 mai 2018 dans le cadre du festival L'Œil urbain

Théâtre de Corbeil-Essonnes
20-22 rue Félicien Rops
Entrée libre du mardi au samedi de 10h à 12h et de 15h à 18h